Auteur : tchiktchak (page 1 of 5)

Vivienne Westwood, Yohji Yamamoto et Virgil Abloh

Cette année (2020) j’ai demandé aux étudiants de présenter le travail d’un·e artiste qui emploie la sérigraphie. Voici la présentation de Vivienne Westwood, Yohji Yamamoto et Virgil Abloh par Jordan Richardson.


La sérigraphie est une technique d’impression qui fut dans un premier temps utilisée afin d’appliquer des motifs sur du textile au 18ème siècle. Le début de la mondialisation a amené  la technique jusqu’en Occident, comme avec le tissu d’Avenières au  19e siècle en France. Au fur et à mesure, d’autres supports apparaissent tel que le papier, la devanture, etc … La sérigraphie connaît un grand retour dans l’art dès les années 60. 

Rapidement, la culture émergente punk s’approprie cette méthode économique et efficace. Vivienne Westwood, créatrice anglaise,  fut mariée à Mc Laren, manager des SexPistols.  La mode punk se caractérise par un mode de vie global , de récupération, de modification et de critique de la société dans laquelle la jeunesse se sentait piégée.  Une envie de personnaliser son identité jusqu’a sa tenue vestimentaire était plus que présente.   Dans les années 80 Vivienne Westwood s’inspire de ces vêtements « fait main » pour réaliser sa première collection.  Afin de garder le côté brut des designs elle utilise la technique de la sérigraphie. Que ce soit sur des vêtements déjà montés, ou sur des textiles, imprimé en ‘all over’ puis remonter.


Yohji Yamamoto est un styliste japonais de la même période. Il conçoit ces projets  comme des œuvres; pour lui la culture punk et la sériegraphie ont résonnés d’une autre façon, comme la collaboration avec Levis ou il « parasite » des modèles phares de la marque pour y insérer des vers de poésie.
Aujourd’hui certains créateurs travaillent comme ces derniers  en utilisant la technique de sérigraphie pour parasiter et recycler du textile. 

Virgil Abloh, quant à lui, a collaboré sur une série limitée de t-shirt en partenariat avec l’artiste Takashi Murakami . Un kit pour sérigraphier soi-même fut  mis en vente, avec un cadre déjà insolé prêt à l’emploi.

Ben Coosmans

Cette année (2020) j’ai demandé aux étudiants de présenter le travail d’un·e artiste qui emploie la sérigraphie. Voici la présentation de Ben Coosmans par Mia Brena.


Gfeller + Hellsgard

Cette année (2020) j’ai demandé aux étudiants de présenter le travail d’un·e artiste qui emploie la sérigraphie. Voici la présentation de Gfeller + Hellsgard par Dan Goldbronn.


Gfeller + Hellsgard un duo vitaminé

Gfeller + Hellsgard est un duo d’artistes franço-suédois pratiquant différentes activités à l’aide de la sérigraphie comme médium d’expérimentation. Ce duo vitaminé est né d’une rencontre entre Anna Hellsgård (1980, Stockholm) et Christian « Meeloo » Gfeller (1973, Haguenau) respectivement photographe et graphiste à cette époque. L’alchimie va rapidement fonctionner entre eux et ils vont s’installer ensemble pour créer un studio de sérigraphie. Ça va être le point de départ d’un travail riche et varié allant des livres d’artiste à la monographie, de l’installation à la peinture. 

À l’opposé d’artistes comme Andy Warhol qui a utilisé la sérigraphie à grande échelle comme médium popularisant la production massive de l’art lui même, Gfeller + Hellsgard conçoivent chaque tirage comme unique. Ils cherchent à repousser les limites du médium et expérimenter sans cesse, ce que l’on remarque facilement dans leur travail qui joue avec des imperfections, décalages et autres imprévus qu’offre la sérigraphie. La sérigraphie est un médium accessible et ne demande pas une installation dernier cri pour produire des tirages de haute qualité: Gfeller + Hellsgard en est un exemple. En apercevant leur insoleuse dans une story instagram, j’ai compris que leur atelier est plutôt rudimentaire, en comparaison nous avons une Rolls Royce à l’école. 

Leur travail est une source d’inspiration, d’expérimentation et je ne peux que vous conseiller de jeter un coup d’oeil sur leur instagram ou site web.

BOOTLEGZ

Cette année (2020) j’ai demandé aux étudiants de présenter le travail d’un·e artiste qui emploie la sérigraphie. Voici la présentation de l’atelier Bootlegz par Mattias Gatta.


Il y a une quinzaine d’années, Chakir et Michel, imprimaient leurs premiers T-shirt dans une cave. Aujourd’hui, ces deux anciens DJ et graffeur ont créé le Bootlegz Lab et sont établis dans la capitale comme une friterie à Grand’Place.

Très orientés vers la culture urbaine, ils travaillent avec de nombreux artistes issus de milieux différents : rap, breakdance, graffiti… Ils tirent principalement leurs inspirations de ces milieux-là mais également de la pop culture et du tissu urbain même de la capitale pour concocter les meilleurs prints dans leur labo.

C’est notamment par le détournement qu’ils font leur promo et bien qu’ils travaillent également avec des machines automatisées, leur éthique de travail se rapproche de celle de l’artisanat voire même du laboratoire expérimental.

POURQUOI BOOTLEGZ

« Le mot bootlegz vient du temps de la prohibition d’Al Capone en Amérique où l’alcool était interdit. Ils fabriquaient l’alcool dans les caves et le vendaient de manière illégale, sous le manteau. On a commencé plus ou moins de la même manière sauf qu’on est pas des gros truands d’Al Capone. Mais on a commencé dans notre cave à faire des t-shirts, les imprimer, les vendre de manière « non officielle » : sur événement, sur stand, de main à main, on faisait des dépôts en magasin… « 

POURQUOI LA SERIGRAPHIE

Pour pouvoir mettre mes graff sur mes t-shirts.

PARCOURS

J’ai tout étudié sauf la sérigraphie. J’étais en Sciences-Math, après j’ai commencé pas une année d’archi, puis j’ai fais dessin industriel à l’ECAM. Là j’étais bien, j’aurais pu continuer en ingénierie industrielle mais je l’ai pas fait.

J’habitais en face d’une grande imprimerie textile. Tous les jours, je passais devant et je demandais s’ils engageaient. Un jour, le patron me dit : « Mais euh tu sais faire ? ». Moi : « Beh non ». Il me répond « Beh alors c’est mort ». Donc je lui ai répondu : « Ok beh, si jamais vous savez que je suis là ! », « Ouais ouais ». A la fin, tout le monde me connaissait dans l’atelier ; je venais tous les jours.

Et après 2-3 semaines, ils avaient une énorme commande de 15 000 pièces, je passe donc à l’atelier et ils me demandent si je suis chaud de les aider. Je dois rester devant le four et plier toutes les pièces qui arrivent… j’ai accepté direct.

Une semaine après, le patron vient chez moi et il me dit : « Ecoute, il y a une commande que personne veux faire parce que c’est chaud, c’est 800 vestes et c’est assez technique ». « D’office que je le fais », j’ai accepté direct! J’ai fini la commande plus tôt que prévu et j’ai été engagé.

Après 2 mois, je me suis inscrit à un concours européen d’impression textile de Fruit of the loom au nom de la société et j’ai gagné. Le prix c’était du matos et une mise en avant de la société dans les magazines, les salons, etc…

Du coup, je suis allé chez le boss et lui ai dit : « Ecoute, je t’ai fait gagner, y a moyen d’avoir une petite augmentation? », je ne perds pas le nord! Et il me répond : « Ecoute, t’es nouveau, tu ne peux pas gagner plus que les autres ».

« Ok, par contre de temps en temps, je veux pouvoir imprimer mes trucs perso ». Et il m’a dit : « Tiens la clé, l’atelier c’est à toi! ». A partir de là, j’ai imprimé des centaines et des centaines de trucs pour tout le monde, j’ai commencé Bootlegz comme ça. J’avais mon atelier dans ma cave mais je faisais mes cadre là-bas. L’atelier était pour moi, 1000 t-shirts, 1 pote ou 2 et jusqu’à 4h du matin j’y allais exagéré!

Après un an, je suis devenu chef d’atelier. Après 7 ans plus ou moins, mon entreprise a racheté une autre avec tout le personnel. Du coup, il y avait trop de monde à gérer et puis ce n’est pas ça que j’aimais faire. Je suis parti et on a lancé notre truc à fond avec mon pote.

Aujourd’hui c’est une petite entreprise de 3 personnes, 5-6 max et ont fait tout nous-mêmes : le contact client, le commercial, les devis, le graphisme pour tout ce qui est appliqué à la sérigraphie donc Illustrator et Photoshop pour les logos, les retouches, la séparation des couleurs, etc.

Chromodrome

Cette année (2020) j’ai demandé aux étudiants de présenter le travail d’un·e artiste qui emploie la sérigraphie. Voici la présentation du collectif Chromodrome par Clara Hanras.


L’atelier Chromodrome est situé à Anderlecht au sein de la Microfactory, un atelier de « co-working mais pour les makers ».


Fondé en 2013, le collectif est composé de Vincent Bichelberger, fondateur de Chromodrome et éditeur chez Bichel Éditions, ainsi que de Sara Elalouf, illustratrice et brodeuse qui l’a rejoint plus tard en 2019.

Chromodrome propose principalement un service d’impression de sérigraphie artisanale mais aussi d’impression numérique, de découpe laser et de réalisation graphique. De plus, depuis février 2020, l’atelier s’est équipé d’une brodeuse à 6 têtes. Il est également possible de suivre une formation ou une initiation à la sérigraphie directement à la Microfactory.

Le collectif a pour axe une démarche entièrement artisanale et propose un service d’impression professionnel réalisé sur des machines mécaniques à la main. Pour eux, tout est possible tant que la surface à imprimer est plate, le tout est de mettre le projet en place et les résultats sont (presque) sans limites grâce à la diversité de leurs encres (à l’eau, métalliques, phosphorescentes etc) et de leurs supports (papier, textile, cuir, bois etc). Chromodrome peut aussi aider à la création du projet.

Pour leur rendre visite c’est ici !
Quai Fernand Demets, 55, 1070 Anderlecht, Belgium
www.chromodrome.be
Fb : Chromodrome
Ig : @chromodrome

Shlag Lab

Cette année (2020) j’ai demandé aux étudiants de présenter le travail d’un·e artiste qui emploie la sérigraphie. Voici la présentation du collectif Shlag Lab par Gabriel Chesnelong.


Shlag Lab est un atelier de sérigraphie artisanal basé à Vitry Sur Seine en banlieue parisienne. Le collectif crée et imprime son propre contenu sur toutes sortes de supports grâce à un atelier disposant de matériel pour la sérigraphie textile et sur papier. Il met à disposition de quoi s’auto éditer grâce à des imprimantes numériques et des outils permettant le façonnage de livres et fanzines.

On peut voir notamment sur leur boutique des affiches, des journaux, des pochettes de vinyles, des fanzines, des tote bags, des t-shirts, des écussons, des jeux de cartes etc. En passant de l’impression en quadrichromie à celle de bandanas ou de faïence par exemple, Shlag Lab explore la sérigraphie des manières les plus classiques aux plus extravagantes. Actuellement, le studio se développe également autour de la broderie, de la gravure et du tatouage.

Les Vitriots ont aussi beaucoup de collaborations et de nombreux artistes viennent imprimer chez eux. On peut citer Don Dada, Pablo Dallas, Quentin Gomzé, Cyrille Micallef, Fafa de begles, Chevalier perdu et bien d’autres !

Le nom est déjà évocateur de l’esprit de l’équipe, un « shlag » vient de l’argot parisien. C’est d’ailleurs leur façon de jouer avec la culture urbaine qui fait partie de leur originalité. On retrouve beaucoup de travaux inspirés par les thèmes de la rue, le monde du graffiti, la police, la drogue, le hooliganisme, la fraude dans le métro entre autres… Il semble que la sérigraphie soit pour eux une manière de réfléchir, de s’approprier certains thèmes et de s’affranchir de l’industrie tout en restant indépendant et en pouvant être humoristique.

On peut aussi voir le détournement d’imagerie classiques avec les timbres ici par exemple.

Cet atelier en plein développement préconise ainsi une indépendance des artistes, met en place du matériel pour ces derniers et développe une identité inimitable autour des sujets qui leur tiennent à coeur.

Mai 68

Cette année (2020) j’ai demandé aux étudiants de présenter le travail d’un·e artiste qui emploie la sérigraphie. Voici la présentation de Amandine Wibaut sur les affches de mai 68.


cliquez sur l’image pour découvrir le travail en PDF

FrenchFourch

Cette année (2020) j’ai demandé aux étudiants de présenter le travail d’un·e artiste qui emploie la sérigraphie. Voici la présentation du collectif FrenchFourch par Evan Rochette.


Comment concilier local, underground et chaleur humaine, aujourd’hui je vous propose de rencontrer la FrenchFourch une structure d’édition sérigraphique parisienne.

Pouvez-vous me présenter FrenchFourch ? Combien êtes- vous ?

Frenchfourch est une structure d’édition particulièrement orienté vers la sérigraphie. Au départ un projet étudiant avec des potes sur internet, c’est devenu plus important lorsque j’ai eu accès à la sérigraphie comme medium de production et de recherche. Au  fil du temps des rencontres et des projets je me suis retrouvé moniteur de l’atelier de sérigraphie de la HEAR de Strasbourg et j’ai pu lancer un gros projets d’affiche et d’expo a l’international. Tu pourras chercher des infos sur le projet Bastonnade*. Il y a quelques interviews en ligne avec pas mal d’info. Ensuite j’ai bossé dans un atelier d’art ce qui m’a vraiment confirmé l’idée de pouvoir continuer dans la lancé un bon moment sans trop m’ennuyer. Et après avoir rencontré quelques personnes très motivées on a monté notre lieu atelier galerie Paris Print Club et Galerie P38 puis la libraire Batt Coop.

* Projet Bastonnade
Le projet regroupe près d’une cinquantaine d’artistes de tout horizons regroupés au sein d’un projet collectif. Chaque artiste devra défendre son univers dans une arène  fictive qui à terme, prendra la forme d’une édition.

Comment définissez-vous le rôle de votre atelier ?

Un lieu d’accueil pour l’édition d’art en sérigraphie. Parisien, local, slowlife, underground de fait géographique puisque nous somme en cave avec l’envie de montrer et défendre ce qui me fait vibrer. Mais heureusement que je cotoie d’autres techniques, la gravure, la risographie, la photo, la typographie, le graphisme et tous ces avis divers pour ne pas me scléroser. On est vraiment pas à l’abri de bonne surprise.

Pourquoi avoir choisi la sérigraphie à l’impression digitale ?

Pour la qualité du dépôt et la multiplicité des supports. Le spectre des possibles est vraiment riche. Et les contraintes de la technique apportent leur lots de suprises qui me plaît dans mon travail de recherche. Aussi précis que fulgurant, je navigue avec joie sur cette rivière de pigment.

Comment faite vous vivre votre atelier ?

Nous avons divers statuts, association, artiste, professeur, graphiste, etc… Ce qui permet de payer le loyer pour enchainer sur des projets absolument pas lucratifs mais tellement intenses. L’idée est d’arriver a l’équilibre pour pouvoir continuer à s’exprimer librement. Je rencontre beaucoup d’artistes et je les invitent à se plonger dans la technique en essayant d’être le plus ampatique et pédagogique possible. Ca ne me coûte absolument pas, j’adore ça. Je complète ces phases d’acceuil par des recherches personnelles pour des expo ou des livres. Pour ensuite pouvoir aussi proposer de nouvelles astuces a mes invité.es.

Quels sont les prochains projets et objectifs de votre atelier ?

Et bah recommencer d’imprimer pardi ! Il me brûle d’imprimer le faire part de naissance de ma deuxième  fille. Cette fois c’est moi qui dessine. Ça va être folie. Et puis je lance une nouvelle série de petit posters. Il y aura aussi le lancement de trois projets plus jeunesse. Dont le dernier de ma copine. On devait le lancer avant le confinement. Mais bon tu connais.

À quoi ressemble une journée au sein de FrenchFourch ?

Je vais à l’atelier, et je commence par faire un câlin a chaque personne présente. Artistes, artisans, invité.es, stagiaires. On est parfois une vingtaine. Ça fait déjà beaucoup d’amour pour bien commencer la journée. Ensuite je bois un café si il est fait sinon j’en lance un que j’oublierai de boire mais ca fera le bonheur d’un ou d’une autre sans aucun doute et très très vite. Sur mon trajet de banlieue j’ai eu le temps de répondre aux mails. Et là je peux envoyer quelques devis ou pistes d’impressions. Et puis je me lance. Parfois c’est direct sur presse, des fois je dessine, des fois c’est sur l’ordi. Souvent c’est des allers retours entre tous les médiums.

Il faut prévoir les workshops et lancer la com pour les incriptions. Mettre à jour les réseaux sociaux et shooter les dernières prods. Mettre le site à jour. Dessiner. Relancer les artistes sur les différents projets en cours.

En début de semaine je clean l’atelier. Et en  fin de semaine j’envoie les commandes. Même si la plupart passent par Batt Coop. Entre les deux j’essaye de bosser avec des gens inspirants. Parfois ca me rapporte des sous parfois ça me rapporte ce qu’il faut d’explosion de motivation sous couvert de collaboration avec des copains. J’essaye en ce moment de dégager du temps pour des projets plus introspectifs. Moins collaboratif même si je n’y arrive pas du tout. Même en confinement c’est dire.»

VADERETRO

Cette année (2020) j’ai demandé aux étudiants de présenter le travail d’un·e artiste qui emploie la sérigraphie. Voici la présentation du collectif Vaderetro par William Thomy.


LA RAGE

Cette année (2020) j’ai demandé aux étudiants de présenter le travail d’un·e artiste qui emploie la sérigraphie. Voici la présentation du collectif La Rage par Juliane Remy.


La Rage est un collectif féministe bénévole né en 2015.

L’idée de La Rage était de rassembler des affiches féministes et lesbiennes, faites par des femmes, des homosexuelles et des personnes trans du monde entier pour se les réapproprier, grâce à la sérigraphie pour la plupart, afin de donner plus de visibilité aux combats de ces minorités. Pour La Rage, les affiches sont l’outil de lutte féministe idéal. A la fois historique et contemporain, il permet de s’approprier l’espace publique et d’y véhiculer des messages. Les affiches collectées sont toutes sur le site du collectif (larage.org) afin d’être visible par tou.te.s.
Mais le collectif organise surtout des ateliers de création d’affiches en sérigraphie ouverts aux femmes, aux lesbiennes et aux personnes transsexuelles, où créativité, diversité culturelle et liberté
de partage sont les maîtres-mots.

Interview avec Cecile, cofondatrice de La Rage

29/04/2020

Comment a débuté La Rage ?

Tout a débuté à Nantes en 2015. Nous sommes trois : Billy, sérigraphe, Hélène, graphiste, et moi [Cécile], urbaniste. A l’époque, on était toutes déjà copines et militantes, on se voyait dans les mêmes groupes et évènements. Nous avons alors eu une idée : rassembler des affiches d’archive, les retravailler pour se les réapproprier et les resérigraphier. On ne voulait pas se cantonner seulement à la France mais mettre en avant les luttes actuelles du monde entier. En plus, avec les professions de Billy et Hélène, nous avions déjà un lien avec la sérigraphie et la communication visuelle.
En premier lieu, nous avons créé le site internet. Tout d’abord, pour pouvoir contacter des créatifs et s’accorder avec eux quant à la diffusion et reproduction de leur travail, et ensuite, pour poster les œuvres. Cette collecte a demandé beaucoup de recherche.
En novembre 2015, on a exposé tout ce travail au 6b, un lieu de création et de diffusion à Saint-Denis (93). L’exposition a duré deux-trois semaines et c’est là que nous avons fait nos premiers ateliers créatifs.

Comment le collectif s’est-il fait connaître ?

En 2015 également, nous sommes allées à Paris. Pour moi, c’était plutôt un retour dans la capitale car j’y avais déjà vécu. J’avais donc déjà un bon réseau là-bas tout comme Hélène et Billy. Ça nous a aidé. Et puis, on avait créé la page Facebook du collectif, elle fonctionnait déjà bien. C’est là où on poste le plus de choses, comme les évènements qu’on organise (eux aussi nous ont aidées à nous faire connaître) et les affiches créées pendant les ateliers. Et enfin, ce sont ces ateliers de création et le bouche-à-oreille qui en découle qui ont permis à La Rage de grandir. Je pense que le fait que ce soit dans le partage et la liberté de parole a beaucoup joué. Dès les premiers ateliers, tout le monde se sentait bien et à l’aise au fur et à mesure de nos échanges.

Justement, comment se déroule un atelier ?

Le plus commun, c’est de faire une journée entière avec un groupe de 6-7 femmes et personnes trans, rarement plus. On a remarqué que c’est beaucoup plus facile de discuter avec des groupes réduits, sinon tout le monde n’ose pas forcément parler.
Le matin, on commence par échanger donc. Ce dialogue permet de trouver des sujets à aborder. A ce moment-là, Hélène, Billy et moi sommes surtout une écoute pour les participant.e.s. Au bout d’un moment, des thèmes émergent. On réfléchit alors aux messages et aux slogans adaptés. Ensuite vient la question graphique. Pour ce type de groupe, on crée la plupart du temps une ou deux affiches collectives à imprimer.
Le plus souvent, on est dehors. Du coup, on n’utilise pas de produits pour sérigraphier. On découpe comme un pochoir dans du papier. Et enfin, on passe l’encre dessus. On utilise un (pour les dégradés) ou deux écrans (pour la bichromie).
Vers quinze heures, on imprime. Les participant.e.s peuvent à la fin repartir avec leurs affiches. Parfois, c’est ouvert à tous, un peu comme une boutique où d’autres personnes peuvent également venir acheter les affiches.

Où les ateliers ont-ils lieu ?

Dans toute la France, surtout en Ile-de-France. Nous sommes aussi déjà allées en Belgique et au Luxembourg.

Comment ça se passe au niveau financier ?

Nous avons toutes un boulot à côté. Le mien n’a rien à voir avec le monde de la sérigraphie et de la communication pour le coup. Mais grâce à ça, on n’a pas trop à se soucier de la charge financière et on a pu rester en grande partie bénévoles. En général, il y a un prix libre. C’est pour amortir les frais de matériel.
Sinon, on organise aussi parfois des ateliers avec des écoles ou des médiathèques. A ce moment-là, c’est payant.

Avez-vous déjà rencontré des problèmes ou des moments difficiles depuis cinq ans ?

Honnêtement non. Comme on est souples et qu’on s’entend très bien depuis longtemps, ça nous permet de ne pas nous mettre trop de pression. On choisit ce qu’on a envie de faire ou pas. On n’accepte que les projets qui nous plaisent vraiment.
Et puis, on n’a pas toujours le temps, étant donné qu’on fait d’autres choses à côté. Alors on peut mettre La Rage sur pause pendant parfois plusieurs mois, et ce n’est pas grave !

Merci !